MOTION AUPRES DE LA COMMISSION EUROPEENNE |
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Le réseau représenté par l’AEJST travaille à sensibiliser la Communauté Européenne et ses Institutions depuis le début des années 1990. Différentes résolutions et recommandations sur le thème des jeux populaires ont été adoptées à partir des années 1980. En octobre 1986, il y eut la recommandation de l’Unesco qui préconisait la protection et le développement des Jeux, Danses et Sports traditionnels dans le cadre de l’éducation physique et du sport, comme moyen de préserver le patrimoine culturel, précisait le texte qui soulignait également l’intérêt présenté par l’organisation de festivals mondiaux des Jeux et Sports de tradition. Puis il y eut les :
En parallèle, il apparaît clairement dans les discours qu’il y a une volonté de construire une Europe consciente de sa diversité, et l’acceptant comme une richesse, en d’autres mots tolérante et montrant le chemin au monde entier dans cette expérimentation. Les jeux traditionnels, à la fois culture et sport, font partie de cette riche diversité. Ils sont souvent associés aux moments festifs des traditions locales, indissociables des autres pans de la culture des régions européennes : artisanat, danses, musiques, chants, gastronomie, etc., tout ce qui fait la socialisation des villages et des quartiers, un « mieux vivre » pour nos concitoyens. Les fédérations et confédérations membres de l’AEJST ont forgé au travers de leurs activités l’idée suivante : « le jeu est divertissement, socialisation et éducation ». C’est à travers les nombreux festivals et échanges internationaux, faits d’amitié, de rencontres humaines et de découverte culturelle, même dans le jeu compétitif, que nous avons pu expérimenter et mettre en avant ces valeurs. L’action de l’Association Européenne des Jeux et Sports Traditionnels contribue ainsi fortement à construire une Europe des citoyens européens, respectueux des autres dans leur diversité, une Europe de citoyens responsables. Au printemps 2005 l’Italie et la France ont présenté des questions parlementaires écrites auprès du Parlement Européen :
Ces questions avaient pour objet d’interroger la Commission sur la mise en œuvre de la recommandation du P.E. à la C.E. (mai 1994) qui disait (…) « en ce qui concerne les instruments d’une politique active de l’union européenne dans le domaine du sport, le parlement invite la commission a établir un programme spécifique de promotion des sports régionaux et traditionnels ». La réponse de la Commission, par son commissaire pour le sport, l’éducation et la culture, M. Ján Figel, fut presque irrévérencieuse, non pas dans la forme, mais sur le fond : Il nous fut en effet répondu que la Commission Européenne n’a pas de compétence dans le domaine du sport ! Pourtant l’année 2004 a vu la réalisation du programme « année européenne de l’éducation par le sport » (Appel à propositions DG EAC 04/03). Nous devons par ailleurs une nouvelle fois préciser que nous ne parlions pas de sport ordinaire, mais de l’établissement d’un programme spécifique des sports régionaux et traditionnels, et que cette réponse était donc inappropriée ! Nous ne souhaitons pas des mesures pour organiser des compétitions ou des stages sportifs, mais un programme, même sur une année comme en 2004, pour des travaux de recherche, pour du collectage ethnographique, pour des expériences éducatives, pour la création d’outils pédagogiques, etc. Suite à ce courrier, le président de l’AEJST a répondu à la Commission Européenne que le mot sport est un des termes les plus ambigus qui existent : si l’on prend en considération le mot anglais, il signifie en effet à la fois Jeu, Compétition, Récréation, Passe-Temps, c’est à dire à la signification du mot français de la Renaissance, desport. Cette définition anglaise convient à nos jeux et sports de tradition culturelle lorsqu’elle est associée avec les fêtes et les activités traditionnelles locales. Nous tenons donc à dire à la Commission Européenne que nous employons le mot Culture, et à travers lui la notion de « jeux de tradition culturelle », non pas comme un savoir « momifié » mais comme un champ fertile permettant d’utiliser les connaissances du passé pour mieux comprendre le présent, et ainsi préparer le futur pour un meilleur épanouissement humain. Nous souhaitons aujourd’hui être reçus par le Commissaire Figel, et nous demandons fortement que des mesures effectives soient déjà étudiées pour mettre en place un programme spécifique de promotion (et de valorisation) des jeux et sports régionaux et traditionnels.
Guy Jaouen, président,
Liste des membres :
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